samedi 20 octobre 2018
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De gauche à droite : Olivier Antonin, directeur commercial, Christophe Zugaj, responsable communication, Nicolas Fillon, directeur général et Christophe Maquin, directeur marketing et développement agriculture De gauche à droite : Olivier Antonin, directeur commercial, Christophe Zugaj, responsable communication, Nicolas Fillon, directeur général et Christophe Maquin, directeur marketing et développement agriculture ©De Sangosse

Phytosanitaires : De Sangosse mise sur les bio-solutions

Le groupe lance une nouvelle stratégie, baptisée “Positive production”, autour du biocontrôle et des biostimulants. A la clef : un accroissement des investissements en recherche.      

C’est un changement stratégique important qui s’opère progressivement chez De Sangosse. « L’évolution des attentes sociétales et les besoins des agriculteurs nous ont convaincus de la nécessité de faire émerger de nouveaux modèles agronomiques, basés sur la production intégrée et une diminution des intrants », a expliqué, le 18 septembre, Nicolas Fillon, le directeur général du groupe, basé à Pont-du-Casse (Lot-et- Garonne). Avec 83 M€ de chiffre d’affaires en 2017, soit 5 % du marché de la protection des plantes, selon l’International biocontrol manufacturers association (IBMA), le marché du biocontrôle reste encore petit en France. Il affiche en revanche le plus fort taux de croissance du secteur, + 9 % en 2017, et devrait atteindre 15 % du marché de la protection des plantes en 2025, selon les projections de l’IBMA. Revendiquant la première place du biocontrôle en France, avec 22 % de parts de marché, De Sangosse ambitionne d’atteindre 30 % d’ici à 2022, avec une stratégie baptisée « Positive Production ». Pour y parvenir, De Sangosse accroît fortement ses investissements en recherche et développement. « En cinq ans, la part du budget investi en R&D a bondi de 30 %, passant de 4,5 % du chiffre d’affaires à près de 9 % », détaille Nicolas Fillon. Dans le même temps, l’effectif en recherche est passé à 100 personnes contre une cinquantaine il y a huit ans.

Du biocontrôle sur betteraves en 2020

L’entreprise, rachetée en 1989 par ses salariés, dispose déjà de 28 % des principes actifs de biocontrôle en France (fongicides, insecticides, régulateurs et anti-limaces), dans le domaine des grandes cultures, de la vigne, de l’arboriculture et du maraîchage et affiche 18 projets dans les cartons. Parmi eux, un insecticide, baptisé Flipper, déjà commercialisé en Italie sur certaines cultures, pourrait être homologué en 2020 sur betteraves, contre les pucerons, les acariens et les thrips. Plus largement, De Sangosse ambitionne d’acquérir une taille internationale sur l’ensemble du marché des bio-solutions (biocontrôle, biostimulants et biofertilisants).

Acquisitions en France et en Espagne

Pour cela, le groupe agenais multiplie les acquisitions d’entreprises dans le secteur depuis une dizaine d’années. Dernières en date : le rachat début septembre, de deux sociétés espagnoles, Biologicas Canarias et Biotecnologia del Mediterraneo, acteurs du domaine des biofertilisants et biostimulants naturels, après le français CCL, en juillet, basé à Compiègne (Oise), spécialisé dans les adjuvants et le biocontrôle. « Il faut arrêter de penser que le biocontrôle est inefficace. Nos solutions marchent. En revanche, c’est vrai que l’on ne peut pas dire que tous les produits de biocontrôle fonctionnent », insiste Olivier Antonin, le directeur de l’activité agriculture de De Sangosse. Une chose est sûre, le groupe de 830 salariés, qui affiche 270 M€ de chiffre d’affaires cette année, entend bien avoir une longueur d’avance sur ce marché en plein développement.

Adrien Cahuzac

Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.