lundi 17 décembre 2018
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Repiquage des betteraves arrivées au stade 6 feuilles, à l'aide de planteuses à tabac. Repiquage des betteraves arrivées au stade 6 feuilles, à l'aide de planteuses à tabac. ©ITB

L’ITB lance une expérimentation sur les betteraves bios

Pour la première fois, l’Institut technique de la betterave (ITB) mène une étude en plein champ sur la culture de la betterave bio. Premier épisode d’une série d’articles qui s’achèvera à la rentrée.


C’est dans l’Aisne, à Liesse-Notre-Dame, que l’ITB a lancé fin avril une expérimentation sur la culture de betteraves bio. « L’idée a germé l’an passé, pour répondre aux besoins des marchés et des attentes sociétales de plus en plus fortes. Le bio fait partie du programme de l’ITB pour les 10 prochaines années », explique Fabienne Maupas, responsable du département scientifique et technique de l’institut. Le Betteravier français a décidé de suivre cette étude inédite et d’en faire écho tous les mois, jusqu’à la rentrée. L’exploitation agricole choisie pour mener ce travail n’est pas une inconnue pour l’ITB. « Il s’agit d’une ferme en pointe pour les réductions des intrants sur laquelle nous avions déjà travaillé depuis plusieurs années », détaille Ghislain Malatesta, responsable du département expérimentation et expertises régionales. Une partie de cette exploitation de 800 hectares est passée en bio il y a deux ans, pour produire des haricots verts, du maïs et de l’orge de printemps. « L’agriculteur avait arrêté la bette- rave, mais il souhaitait la relancer en bio. Ils nous ont contactés pour que l’on puisse les aider », souligne Jean-Charles Germain, responsable du projet. Sur 60 hectares en bio, 6 sont consacrés à la betterave.

Semis sous serre et repiquage
« Faute de pouvoir se procurer des semences certifiées bio, nous avons utilisé des semences conventionnelles, tolérantes aux principales maladies, cercosporiose et oïdium notamment, mais non traitées par des phytosanitaires. Nous avons eu une dérogation d’utilisation », explique Ghislain Malatesta. Un mois plus tard, entre les 25 et 27 avril, les plants ont ensuite été repiqués en pleine terre, arrivés au stade 6 feuilles. Le repiquage a été effectué à l’aide de planteuses à tabac. « Cela permet d’avoir des plants qui résistent davantage au désherbage mécanique sur le rang et l’inter-rang », souligne Jean-Charles Germain, qui assure que les « résultats ont été bons ». Depuis le repiquage, deux désherbages ont eu lieu, les 4 et 7 mai, à l’aide d’une herse étrille, avec réglages de pression.
Les betteraves arrachées à la rentrée, seront envoyées à la sucrerie de Pithiviers (Loiret) chez Cristal Union, pour être transformées avant les betteraves conventionnelles. La coopérative effectue également, de son côté, un essai en betteraves bio sur près de 150 hectares (lire Le Betteravier français n°1071 du 27 février, page 11). L’expérimentation de l’ITB vise à apporter des solutions aux agriculteurs, dans l’utilisation d’alternatives aux produits chimiques, de manière rentable. Une partie du projet sera d’ailleurs consacrée à l’étude des différents coûts induits. « L’objectif est d’arriver à un rendement de 50 tonnes par hectare minimum. C’est le seuil de rentabilité », estime Ghislain Malatesta. À suivre...

Adrien Cahuzac

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.