mercredi 17 juillet 2019
Le sucre roux est entre 13 et 14 cts/lb. Le sucre blanc peine à rester au-dessus de 360 $/t, soit moins de 290 €A du fait d’un euro au plus haut : un retour à son niveau d'avant les fêtes. Le sucre roux est entre 13 et 14 cts/lb. Le sucre blanc peine à rester au-dessus de 360 $/t, soit moins de 290 €A du fait d’un euro au plus haut : un retour à son niveau d'avant les fêtes.

Sucre : les spéculateurs présents comme jamais

Quasiment 9 Mt de sucre... C’est la quantité de positions nettes vendeuses que les spé­culateurs détenaient la semaine dernière. Un record historique : cela représente 5 % du sucre produit en une campagne dans le monde entier... Autant dire qu’avec un tel couvercle de plomb, il est difficile pour le sucre de reprendre des couleurs. Qu’est-ce qui pousse les spéculateurs à voir ce marché dans une spirale baissière ? Ce ne sont que rarement les fondamentaux qui dictent les mouvements spéculatifs, mais il est vrai que l’Inde et la Thaïlande vont produire davantage en 2017-2018 : + 9 Mt à eux deux. Mais c’est oublier que dans quelques semaines commencera la nouvelle campagne brésilienne, qui devrait voir une allocation de la canne vers le sucre bien moins importante que vers l’éthanol. Et lorsque les Brésiliens diminuent la part de la canne dédiée au sucre de 1 point (de 50 % à 49 % par exemple), cela représente 800 0001 de sucre de moins de dis­ponibles sur le marché mondial ! Mais voilà que les parités monétaires s’y mettent également. Alors

que le sucre a perdu, en dollar, 32 % depuis début 2017, il en a perdu 43 % lorsqu’on le convertit en euro ! Il faut dire que, dans le même temps, l’euro a gagné 20 %, dans un mouvement qui s’amplifie ces derniers jours. Il faudra donc une belle reprise du marché, en dollar, pour le voir de notre côté de l’Atlantique. Le marché européen (spot) est en effet passé sous les 330 €/t sortie sucrerie française. C’est l’effet direct du marché mondial : fournir le sud de l’Europe (Espagne et Italie) se fait déjà à un prix, départ sucrerie française, équivalent à la vente de sucre sur le marché mondial...

Où trouver un peu d’espoir, alors que les facteurs baissiers semblent ainsi bien extérieurs à la filière ? Tout d’abord du côté de l’éthanol : il grimpe au Brésil, tiré par un pétrole qui a gagné 40 % depuis juillet, et devrait se présenter comme un facteur haussier. Mais pour cela, il faudrait que les spécu­lateurs aillent un peu voir ailleurs. Leur position est telle qu’il représente ainsi, paradoxalement, le plus fort potentiel haussier dans les semaines à venir !

 

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.