Tout se joue parfois en quelques jours. Une levée qui peine à démarrer, une parcelle trop motteuse, un traitement mal positionné ou un épisode orageux peut suffire à faire basculer le potentiel d’un lin fibre. Lors d’un webinaire technique consacré à la protection intégrée de la culture, les spécialistes d’Arvalis ont multiplié les rappels agronomiques et les retours d’essais autour de quatre grands sujets : les altises, le désherbage, les maladies et la verse. Derrière chaque thème, un même constat revient : avec moins de solutions disponibles et davantage d’aléas climatiques, « le positionnement devient aussi important que le produit lui-même », résume Benoît Normand, ingénieur protection du lin fibre chez Arvalis.
Les altises restent la principale inquiétude au moment de l’implantation du lin, avec une période de risque située entre l’émergence et le stade 3 à 5 cm. Élodie Gagliardi, ingénieure régionale chargée de projets lin fibre chez Arvalis, rappelle que cette phase est déterminante : « tant que le lin n’a pas atteint 5 centimètres, il reste extrêmement vulnérable. Une attaque sur l’apex peut suffire à condamner définitivement le pied. » Pour limiter les dégâts, Arvalis insiste sur la rapidité de levée. « L’objectif, c’est vraiment d’aider le lin à sortir du danger le plus vite possible », explique Élodie Gagliardi. Les mottes et résidus sont considérés comme des facteurs aggravants : « une motte ralentit la levée et sert d’abri aux altises. On cumule alors deux problèmes au même endroit », poursuit l'ingénieure. Les parcelles à levée lente ou hétérogène sont d’ailleurs souvent les plus touchées.