Les producteurs de colza peuvent pousser un ouf de soulagement. La plupart ont échappé aux effets de la canicule et de la sécheresse grâce à la précocité de la récolte, parfois dès début juin dans le Sud-Ouest. Le volume global est attendu à 4,5 Mt, comme l’an dernier, avec un rendement de 3,5 t/ha et une bonne teneur en huile. Au niveau européen, le Coceral, organisme clé du commerce des céréales, prévoit une production de 2026 de 21,5 Mt, proche des chiffres de 2025. La situation pourrait être plus compliquée pour le tournesol, si les épisodes de canicule se poursuivent durant l’été.
À ces bons chiffres s’ajoute la fermeté des prix. Le 15 juillet, la graine de colza s’échange sur le marché physique FOB Moselle à 542 €, presque au plus haut de l’année. Sur Euronext, les quatre échéances de la campagne oscillent entre 536 et 544 €/t. Les facteurs de hausse ne manquent pas. La reprise des bombardements américains en Iran fait bondir le prix du baril autour de 85 $, entraînant dans son sillage graines, huiles, tourteaux et biocarburants. Le Canada risque de connaître une production de canola réduite à cause du stress hydrique, alors qu’une partie des exportations qui se déversaient en Europe s’oriente vers la Chine et les États-Unis après l’apaisement des tensions commerciales, ce qui favorise la hausse des cours.