« L’année 2025 s’est caractérisée par des plantations précoces. Avec 75 % des pommes de terre plantées à mi-avril », constate Solene Garson, spécialiste pommes de terre à Arvalis. Les plantations ont été facilitées par un bon ressuyage et de bonnes températures. Les levées rapides ont occasionné des fenêtres d’intervention de désherbage très courtes. Et vu les conditions sèches du printemps, les produits racinaires ont été moins efficaces, générant des rattrapages nécessaires.

Si les pucerons ont été très présents de juin à mi-juillet, avec des dégâts directs sur les feuillages, les dégâts indirects (virus) semblent peu impactants. « Nous avons aussi observé des cicadelles vertes et rayées, avec un pic semaine 25. Mais les connaissances restent encore limitées sur leurs actions potentielles », note la spécialiste.

Les attaques localisées de taupins notées sur plants et sur tubercules en juillet-août n’ont pas ou peu occasionné de dégâts de taupins à la récolte, mis à part en Bretagne et en Alsace. Dans cette région, c’est le A. Sordidus, au cycle court, qui est observé. Dans la Somme, le A. Sputator, au cycle long, domine.

Quant à la pression mildiou, elle reste très modérée, sauf en Bretagne et bordure maritime, avec des risques de contamination plus importants sur la fin de campagne. L’Alternaria est aussi arrivé tardivement (premières déterminations le 30 juillet) avec des symptômes peu préjudiciables sur les rendements.

Beaucoup de richesse

Les conditions sèches lors de la récolte ont permis de limiter la tare terre à 8,09 % contre 11,12 % en 2024. Si la qualité est jugée moyenne, la richesse s’avère élevée (21,4 % contre 18,8 % en 2024).

Les à-coups climatiques ont parfois généré des mauvaises répartitions, dans le tubercule, des matières sèches. Combinés au fort taux de MS, ils ont amplifié, sur certaines variétés, leur sensibilité au choc.

Autre caractéristique de l’année, la forte pression germinative. En cause, la douceur automnale, une maturité avancée et des tubercules fort incubés.