On s’attendait presque à ce que de la fumée blanche s’échappe du Sénat, pour annoncer la conclusion de la commission mixte paritaire sur le projet de loi d’urgence agricole. Au terme de six heures d’échange, les 7 députés et les 7 sénateurs ont adopté, malgré l’opposition des Socialistes et Insoumis (4 voix) et l’abstention des macronistes (2 voix), une version du texte très proche de celle adoptée par le Sénat, le 2 juillet, qui l’avait assez largement remanié. Point particulièrement important pour les planteurs, un compromis a été trouvé sur l’article 2 du texte. Ainsi, si l’utilisation de l’acétamipride est autorisée pour la seule filière noisettes, celle de la flupyradifurone le sera pour les betteraves en traitement de semences, ainsi que pour les cerises et les pommes en aspersion. Ces dérogations seront accordées par l’Anses et ne pourront pas excéder une durée de trois ans.
« Changer la loi française pour réautoriser, de façon ciblée et encadrée, l’usage de flupyradifurone est une condition indispensable de notre compétitivité quand tous les voyants sont au rouge », réagit Franck Sander, le président de la CGB. Depuis plusieurs jours, les représentants des filières de grandes cultures avaient multiplié les prises de paroles, dans la presse, pour pousser en faveur de l’adoption de ce texte par la CMP. Reste deux échéances à passer pour le texte : le vote du Sénat, le 21 juillet, qui devrait être une formalité, et celui de l’Assemblée nationale, la veille, qui promet de susciter des débats plus houleux. On peut enfin s’attendre à une saisine du Conseil Constitutionnel par les opposants à ce texte.