mercredi 14 novembre 2018
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Phil Hogan : "L’innovation aura une place de choix dans la future PAC"

Pour Phil Hogan, le commissaire européen à l'Agriculture, "les États membres et non la Commission européenne décideront du soutien financier à apporter à l’innovation et à la numérisation dans l’agriculture dans la Politique agricole commune post-2020". Interview. Un article de notre partenaire européen Euractiv.

Les agriculteurs européens sont persuadés que l’UE est à la traine en termes d’innovation dans l’agriculture. Quels sont les plans de la Commission pour remédier à cela ?

L’UE est un leader mondial en termes d’innovation agricole et nulle part ailleurs dans le monde vous trouverez une agriculture aussi productive et aussi tournée vers le savoir. Il suffit de comparer la production par hectare ou pas animal. Le défi est d’emmener l’innovation dans les fermes et nous œuvrons à cela via le Partenariat européen d’innovation, qui est une partie clé de la PAC.

La proposition de la Commission met l’innovation et surtout la numérisation au cœur de la nouvelle PAC. Chaque État membre devra expliquer ce qu’il compte faire pour encourager l’utilisation des outils agricoles, pour améliorer l’innovation et la numérisation (agriculture de précision, utilisation de satellite). Pour mettre l’accent sur l’engagement de la Commission, nous avons augmenté le budget de la recherche agricole de 10 milliards d’euros, dont la plupart seront investis dans le domaine de l’agriculture numérique.

L’UE prévoit de durcir sa réglementation sur les pesticides, les règles de manipulation génétique deviennent plus strictes. Dans ce contexte réglementaire, comment les agriculteurs européens peuvent-ils concurrencer les agriculteurs américain ? 

L’augmentation significative de la valeur des exportations alimentaires de l’UE indique que les agriculteurs européens sont compétitifs, mais qu’ils opèrent dans un environnement très concurrentiel. Tous les efforts doivent être faits pour s’assurer qu’ils restent compétitifs, et non pas seuls par rapport aux agriculteurs américains.

C’est précisément la raison pour laquelle nous investissons autant dans l’innovation et la recherche et faisons un tel effort pour faire en sorte que les avantages de cette innovation et de cette recherche se transmettent du laboratoire à la ferme.

Le numérique modifiera l’agriculture de nombreuses façons : meilleure utilisation des intrants tels que les engrais, les machines autonomes (robots et tracteurs sans conducteur), changements dans la chaîne d’approvisionnement (le marketing direct pourrait prendre une nouvelle vie), etc.

Dans le cadre de la nouvelle PAC, les États membres concevront les programmes de soutien appropriés pour soutenir les nouvelles options telles que la numérisation.

Le budget proposé pour la future PAC à l’actuelle. Qu’en est-il des fonds alloués aux nouvelles technologies ? L’innovation agricole va-t-elle bénéficier d’un soutien accru ?

Le nouveau CFP reflète un contexte très difficile – le Brexit ainsi que les nouvelles priorités et les nouveaux défis exigés par les États membres. Dans ces circonstances, je considère que le budget décidé pour la PAC est équitable et qu’il reflète une forte déclaration de soutien au secteur agricole dans toute l’UE.

Ma priorité était de sauvegarder autant que possible les paiements directs, qui constituent un soutien nécessaire au revenu des agriculteurs. Compte tenu du fait que les objectifs de la PAC après 2020 sont la simplification et la modernisation, l’innovation se verra accorder une place de choix. Les investissements dans la connaissance et l’innovation assurent une productivité à long terme.

C’est pourquoi il est tout à fait logique de concentrer le soutien sur l’innovation. Toutefois, dans le cadre de la PAC, ce sont les États membres qui décideront quel soutien précis apporter et donc quel financement pour l’innovation. La Commission a proposé une augmentation substantielle de 10 milliards d’euros du budget de la recherche agricole. L’objectif de cette recherche est, bien entendu, d’aboutir à des connaissances pratiques qui seront utilisées sur le terrain par les agriculteurs.

L’UE peut-elle augmenter le financement de l’agriculture de précision et comment les agriculteurs peuvent-ils accéder à ces fonds ?

L’expérience de la PAC actuelle, appliquée dans 28 États membres aux climats, méthodes de production et traditions différents, montre que Bruxelles ne peut plus déterminer ce qui doit être fait dans chaque État membre.

Dans la nouvelle proposition, nous définissons un certain nombre de domaines spécifiques dans lesquels des mesures doivent être prises, mais laissons aux États membres le soin de définir ce qui est nécessaire dans leur situation spécifique. Pensez au changement climatique, aux jeunes agriculteurs, mais aussi à la connaissance et à l’innovation.

À titre d’exemple, l’utilisation de robots pour traire les vaches est plus ou moins courante dans certains États membres et rare dans d’autres. Dans les régions où l’utilisation est rare, il peut être utile d’organiser des formations ou d’échanger des informations sur l’utilisation de ces robots et il peut même être utile de soutenir les investissements dans cette technologie.

Par conséquent, le budget de l’agriculture de précision dépend des besoins et des dotations budgétaires précises dans le cadre de l’enveloppe globale de la PAC que les États membres recevront.

Propos recueillis par Bogdan Neagu (Euractiv.ro) - traduit par Marion Candau


10 octobre 2018

Flexibilité et baisse de budget au menu de la future PAC

La Commission européenne a présenté le 1er juin, ses propositions législatives pour la nouvelle PAC devant entrer en vigueur à partir de 2021. Outre une baisse de budget annoncée de 5 %, une plus grande subsidiarité est accordée aux États membres.

Comme prévu, le Commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a présenté le 1er juin les propositions législatives de la Commission pour la future PAC 2021-2027.

Côté budget, c’est bel et bien une réduction qui est proposée, tenant compte de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. La baisse s’établit à 5 % en euros courants, pour un moment total de la PAC de 365 milliards d’euros, représentant 28,5 % du budget européen, dont 286 milliards d’euros pour le 1er pilier et 79 milliards pour le second pilier.

Un cadre européen et un plan stratégique national

Une plus grande subsidiarité sera accordée aux États membres. « La proposition présentée aujourd’hui répond à l’engagement pris par la Commission de moderniser et simplifier la politique agricole commune », a expliqué Phil Hogan. Sur la forme, un nouveau mode de gouvernance est introduit, avec un cadre européen composé de 9 objectifs (assurer le revenu des agriculteurs, accroître la compétitivité, préserver l’environnement, répondre aux attentes sociétales…), l’élaboration d’un plan stratégique national, une mise en œuvre mieux adaptée aux réalités locales et un suivi annuel ensuite. « Le plan stratégique doit être établi dans chaque État membre, avec l’identification des besoins, la sélection d’interventions adaptées et des objectifs quantifiés », a expliqué la Commission européenne.

Un plafonnement des aides

Bruxelles propose par ailleurs un plafonnement des aides par exploitation et par an à 100 000 €, avec une dégressivité appliquée dès 60 000 € : - 25 % de 60 000 à 75 000 €, -50 % de 75 000 à 90 000 €, -75 % entre 90 000 et 100 000 €. Ces plafonds seront augmentés, en tenant compte de l’ensemble des salaires de l'exploitation.

Ce projet sera discuté dès les prochains jours entre les ministres de l’agriculture de l'Union européenne qui se retrouvent les 4 et 5 juin à Sofia (Bulgarie) pour un Conseil informel. Viendra ensuite le débat au Parlement européen. La Commission européenne espère parvenir à un accord au printemps 2019, avant les élections européennes du mois de mai.

A.C.


1 juin 2018

PAC 2020 : la France juge "inacceptable" la réduction du budget

La proposition de la Commission européenne de réduire de 5 % le budget de la prochaine PAC suscite le mécontentement du ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert et des organisations syndicales.

« La France ne pourra accepter aucune baisse de revenu direct pour les agriculteurs. Le gouvernement défend une modernisation et une simplification de la PAC pour protéger les agriculteurs face aux aléas climatiques et à la volatilité des marchés mondiaux », a réagi, le 3 mai, Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, dans un communiqué, à l’annonce de la proposition de budget de la future Politique agricole commune (PAC) post 2020.

La Commission européenne prévoit, dans le Cadre financier pluriannuel 2021-2028, une réduction de 5 % du budget de PAC, en euros courants. « Une telle baisse, drastique, massive et aveugle, est simplement inenvisageable. Elle comporte un risque sans précédent sur la viabilité des exploitations en impactant dangereusement les revenus des agriculteurs pour qui les aides directes constituent un filet de sécurité essentiel », a fustigé Stéphane Travert.

15 % de baisse sur le 1er pilier, selon la FNSEA

« Si nous voulons répondre aux attentes des consommateurs et plus largement des citoyens, il nous faut préserver le revenu des agriculteurs et donc maintenir un budget de la PAC à la hauteur de cette ambition », a poursuivi le ministre.

Même mécontentements au sein des organisations syndicales. « La PAC connaît un réel coup de rabot de 10 % en tenant compte de l'inflation ! Ce sera même 15 % de moins pour le 1er pilier en 2027. Au-delà de la compensation du Brexit, la PAC est mise à contribution pour financer les nouvelles politiques de l'Union Européenne (sécurité, défense) à hauteur de plus de 8 milliards d'euros », a dénoncé la FNSEA dans un communiqué. « Un tel budget est inacceptable (…) : il risque aussi d'accélérer le déclin de la compétitivité d'un secteur pourtant stratégique au titre de notre souveraineté alimentaire ; il menace directement le revenu des agriculteurs », a ajouté le syndicat.

A.C.


3 mai 2018
Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.