L’entrée dans l’été a permis un petit rebond au sucre brut, qui revient autour des 15 cts/lb. Il faut dire que les spéculateurs ont considérablement réduit leurs positions à la vente : ils ouvrent le mois de juillet net-vendeurs de -3,2 Mt, contre -6,8 Mt un mois plus tôt. Deux nouvelles, sur le mois, peuvent expliquer ce nouveau positionnement, dans un contexte où tout le monde parle des effets climatiques d’El Niño.

Tout d’abord, le rythme de la campagne brésilienne semble revenir à la normale. Les derniers chiffres se sont fait attendre et on ne dispose toujours que des données portant sur les deux premiers mois de campagne (avril et mai). Mais ils sont clairs : après le rythme effréné d’avril, le mois de mai est bien plus calme. Et si le pays a, certes, transformé 15 % de canne en plus que l’an dernier à la même époque, il a produit 2 % de sucre en moins car l’éthanol a progressé de 32 %.

Ensuite, en Inde : le volume des pluies de la mousson du mois de juin n’a été, dans les états canniers, que la moitié de ce qu’elles sont d’habitude, faisant craindre une moindre production de sucre. S&P y anticipe désormais une production de sucre de 28,5 Mt produites (+ 2,5 Mt converties en éthanol), contre 30,2 Mt (+2,9 Mt en éthanol) l’an dernier.

In fine, les avis des analystes sont partagés : S&P anticipait, le 2 juillet dernier, toujours un surplus sur la campagne mondiale 2026-2027, à 2,6 Mt, quand Global Data anticipait, dans sa publication de la mi-juin, un déficit de 1,8 Mt.

Malgré ce contexte, les cours européens restent bien mollassons, faute d’échanges, et dans un contexte de stocks européens actuellement supérieurs d’environ 10 % à leur niveau de l’an dernier.

Pourtant, la campagne prochaine s’annonce tendue, d’après la Commission européenne. La baisse des surfaces européennes est estimée à -8,5 %. Avec une hypothèse de rendement moyen, l’Europe devrait produire 2,4 Mt de moins que l’an dernier : dans ce cas, les stocks de fin de campagne seraient au plus bas depuis 2022. Or, cette hypothèse de rendement moyen, compte tenu de la vague de chaleur actuelle qui interrompt la croissance de la plaine et affaiblit la betterave face aux ravageurs, semble, de plus en plus, perdre en probabilité…